vendredi 16 juillet 2010

Le Nouveau Centre : Quand l’UMP gagne c’est grâce à elle : quand elle perd est-ce la faute de son partenaire ?

Le ton monte entre l'UMP et le Nouveau Centre
La législative perdue de Rambouillet est prétexte à une sévère explication.

La défaite de la majorité à la partielle de Rambouillet dimanche se transforme en règlement de comptes. Au lendemain de l'élection de la Verte Anny Poursinoff dans l'ancienne circonscription de Christine Boutin, le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand a ouvert le feu contre le Nouveau Centre.

Objet de son ire? La candidature au premier tour du président de la fédération centriste des Yvelines, Michel Finck. «Il y a toujours une prime en politique au camp qui est le plus uni, a assuré Xavier Bertrand au micro de RTL. Cette fois-ci, au premier tour, nous n'étions pas les plus unis.» Selon lui, la défaite est notamment imputable à la «stratégie souhaitée par le Nouveau Centre de présenter des candidats séparés». «En politique, un plus un, ça ne fait jamais deux. Il y a eu des reports [de voix], mais pas totalement», déplore-t-il. «Ça doit servir de leçon à nos partenaires», estime, lui, le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre.

N'en jetez plus! Le patron des députés NC François Sauvadet a dénoncé mardi «les attaques en règle» essuyées par son parti. «Je trouve vraiment scandaleux qu'on essaie de nous refiler ainsi le mistigri, qu'on essaie de nous faire porter le chapeau d'une défaite annoncée!» tonne le Bourguignon qui rappelle qu'aux régionales «le PS avait déjà fait près de 51% dans la circonscription». D'autres prennent un malin plaisir à rappeler qu'en 2007 «Boutin frôlait l'élection au premier tour avec près de 49,5% des voix»: «Qui peut sans rire nous expliquer que si l'UMP fait aujourd'hui presque dix points de moins, c'est de la faute du Nouveau Centre?»

«Finck s'est présenté en dissident»

L'histoire se corse quand se pose la question de l'investiture accordée par le Nouveau Centre pour cette partielle. Sur le matériel de campagne de Michel Finck, on pouvait lire qu'il était le «candidat du Nouveau Centre». Mais sur celui de Jean-Frédéric Poisson, «candidat de la majorité présidentielle», on découvrait également le logo de la formation centriste. «Nous avons accordé notre investiture à Poisson, tout le monde le sait très bien, explique-t-on chez Morin. Finck s'est présenté en dissident et sera sanctionné comme tel.»

Mais sous les coups de boutoir de l'UMP, certaines langues ont commencé à se délier. «Nous avions entamé les contacts avec nos partenaires plusieurs semaines avant l'échéance, tant au niveau local qu'au niveau national auprès de Xavier Bertrand», explique un cadre centriste. «Sur la stratégie à suivre, Bertrand s'est longtemps montré hésitant. Et même pas du tout crispé à l'idée que l'on conduise notre propre candidature, ajoute-t-il. Finalement il a conclu que c'était à Poisson de trancher.» «Poisson a vraiment tardé à donner sa réponse, renchérit un élu UMP. Et quand il l'a donnée, il était trop tard. Finck était déjà parti.»

«Nous pouvons agonir nos amis du Nouveau Centre, l'essentiel n'est pas là, philosophe un membre du bureau politique de l'UMP. Face à la campagne nationale qu'ont menée les Verts et le PS en dépêchant Cécile Duflot et Martine Aubry sur place, nous aurions dû mener une campagne nationale. Poisson n'en a pas voulu, persuadé que le contexte ne s'y prêtait pas. Et je peux vous dire que ça a arrangé beaucoup de nos caciques de ne pas se mouiller dans une bataille que l'on savait perdue d'avance!»

«Bataille perdue d'avance» pour les uns, «chronique d'une défaite annoncée» pour les autres, voilà qui devrait mettre tout le monde d'accord. Pour François Sauvadet, c'est même là l'origine de l'affaire, «Christine Boutin n'avait qu'à conserver son siège de députée.» Et l'élu centriste rappelle une vieille règle politique: «la meilleure façon de ne pas perdre une élection, c'est de ne pas l'organiser».

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