samedi 21 avril 2012

Les médias nous assomment d'un duel Hollande - Sarkozy : moi je voterai François Bayrou


Source : Thomas Gouritin, Co Fondateur Time To Blast

Les médias nous assomment d'un duel Hollande-Sarkozy : moi, je voterai Bayrou

Et si la solution était au centre ? C'est la question que pose la candidature de François Bayrou, qui bien qu'en perte de vitesse dans les sondages, continue de mobiliser son électorat. Notre contributeur, Thomas Gouritin, votera pour le représentant du MoDem. Il nous l'explique.


Pour le seul vrai changement, je voterai François Bayrou dimanche prochain. Pourquoi ? Tout simplement parce que c’est le seul politique à avoir un projet clair, cohérent, qui peut nous sortir de la panade dans laquelle nous ont mis la crise et nos élites politiques. Françaises, français, réveillez-vous ! Vous avez encore une petite semaine, après il sera trop tard.

Je sais bien qu’il est plus facile de suivre ce que l’on vous impose presque de force. On le constate aisément en faisant un parallèle avec cette culture de masse, inhérente à notre époque, qui s'impose partout et qui cloisonne les choix. Il est vrai que c’est un sujet que je connais mieux que la politique politicienne, venant de ce milieu culturel en déclin. Les techniques employées sont très similaires, encore plus dans cette campagne 2012 aussi lamentable du point de vue des idées que du traitement médiatique.

Sortir du débat bipolaire entre Hollande et Sarkozy

Comme le font les radios commerciales, on essaye de vous imposer par tous les moyens deux candidats : les deux candidats des deux partis qui nécrosent le système démocratique français depuis des décennies. Si ce n’est pas l’un, c’est l’autre. Ça ne peut pas être autrement. À force de verrouiller le système et de faire croire que ce sont les deux seuls partis aptes à gouverner la France, tout le monde finit par tomber dans le panneau.

En 2012 c’est encore plus flagrant. Depuis la primaire socialiste, on vous assomme chaque jour avec les faits et gestes des deux candidats principaux que sont François Hollande et Nicolas Sarkozy. Les deux individus monopolisent le temps de parole pour diaboliser leurs concurrents ou faire des promesses toutes plus intenables les unes que les autres.

Et pourquoi pas reprendre réellement espoir avec un programme vraiment différent et cohérent, présentant des mesures fortes et concrètes ? Regardez les premières mesures de nos chers "principaux candidats" : d’un côté, Hollande propose augmenter l’allocation de rentrée scolaire et embaucher des milliers de fonctionnaires, de l’autre, Nicolas Sarkozy propose de verser les retraites le 1er au lieu du 8 de chaque mois. Que propose François Bayrou en parallèle, lors de chacune de ses prises de parole : moraliser la politique, ce qui suppose de vraies réformes. Ce n'est sans doute pas assez électoraliste.

Un traitement médiatique défavorable aux autres candidats
Et si le seul moyen dont disposait François Bayrou pour faire parler de lui était de déclencher un buzz, positif ou négatif, peu importe ? Le fait est que l’homme n’est pas de ceux là, préférant le débat d'idées et aux piques lamentables que se lancent chacun des candidats à longueur de journées.

Les médias ont une certaine responsabilité, en évoquant ce type d'épisodes régulièrement. Après tout, cela peut aussi se comprendre. Pour eux, le but est de vendre du papier ou de générer du trafic. Il est vrai que "Hollande insulte Sarkozy en off" (ou l’inverse) est beaucoup plus vendeur qu'un titre qui donnerait : "Bayrou propose un référendum en 10 mesures concrètes sur la moralisation de la vie politique française".
Les exemples sont malheureusement beaucoup trop nombreux pour que je puisse être exhaustif. Néanmoins, mention spéciale au gratuit "20 minutes", qui proposait la semaine dernière une couverture digne d'un deuxième tour avec les photos de François et le titre "Deux hommes, deux projets". Ils se sont juste trompés de 10 jours pour leur publication des résultats du premier tour.

J'ai eu l'impression que le traitement du meeting de François Bayrou devant plus de 6.000 personnes au Zénith de Paris, il y a quelques semaines, s'est concentré sur la position du candidat dans les sondages plutôt que sur ses idées... Pour l’avoir regardé devant ma télévision, je peux vous dire que les propos justes et rigoureux tenus par François Bayrou ont fini de me convaincre.

Depuis, les meetings s’enchaînent, avec ferveur, mais dans une espèce d'indifférence de la part des médias. Pourtant une prise de conscience collective permettrait réellement de prétendre changer nos institutions obsolètes. Seulement, l'instantanéité est en train d'étouffer le débat de fond.

Il lui reste un peu moins d’une semaine pour vous convaincre, chers Français. Informez-vous, ne laissez pas la "sarkhollandisation" du débat régir votre vote. Saisissez cette chance de changer en profondeur la politique de notre pays, qui en a grand besoin. Ne votez pas pour le moins pire, mais pour le meilleur, pas pour la démonstration de force mais pour la démonstration de vérité et d’espoir.

vendredi 20 avril 2012

François Bayrou est le garant de la morale publique

Par Philippe Bilger, magistrait honoraire, conseiller spécial au cabinet D'Alverny, demont et Associés


En 2007, voter pour François Bayrou n'avait pas interdit ma contribution à la victoire de Nicolas Sarkozy. Cette année, François Bayrou, au contraire, constituera un barrage contre tout ce que ce quinquennat a mis en évidence. Pour la personnalité présidentielle, les démarches erratiques et désordonnées d'une politique devenue illisible à force de subjectivité et d'obsession de provoquer et, enfin, une pratique de l'Etat si peu irréprochable, tellement vulgaire. Le président a façonné une République dont, dans ses profondeurs, la communauté nationale n'a pas été fière, pas davantage, d'ailleurs, que de lui-même.

François Bayrou, parce qu'il a eu raison trop tôt, devrait payer le prix qui menace les Cassandre condamnées à répéter le constat du pire et à déplorer la faiblesse de la riposte morale, politique, économique et financière. Depuis plus de cinq ans et dès le commencement de ce mandat, il a dénoncé le poids immense, étouffant, de la dette, la gravité des déficits, le lent mais réversible déclin du commerce extérieur, les scandaleuses transgressions de la morale publique, il a rappelé qu'un "enfant barbare" cassant, au nom du bon plaisir, choses, êtres et principes autour de lui ne saurait être réélu.

Pour ne prendre qu'un exemple, quand beaucoup se taisaient, il n'a cessé de porter haut la révolte à la fois de l'honneur et de la saine gestion contre cet indigne arbitrage dit Tapie-Lagarde.

On comprendra aisément que ces exigences et cette lucidité, dont il n'a pas dévié d'un pouce, auraient déjà été suffisantes pour justifier ma fidélité à cette personnalité, le premier tour étant celui du choix affectif quand le second relèvera de l'exclusion nécessaire. Sur le fond, je suis d'autant plus enclin à apprécier ce qui structure le projet de François Bayrou que sur des points essentiels la campagne a permis à certains de ses adversaires de s'approprier des thèmes qu'initialement ils avaient négligés. Il me suffit d'évoquer le "produire en France" ou le référendum sur la moralisation de la vie publique.

Il y a plus. Je ne peux pas m'empêcher de tenir pour infiniment estimable un homme souvent moqué, prétendument seul, sans les facilités de certains, qui s'est tenu pourtant droit durant ces cinq dernières années quand tant, à gauche par sectarisme ou à droite par servilité, ont failli. Contre les accommodements, il n'a pas fléchi. Contre les centrismes de façade réfugiés sous l'aile d'une droite de moins en moins honorable, de plus en plus démagogique, il a promu le seul qui vaille : celui qui ne se soumet pas. On n'a jamais pu le prendre en flagrant délit d'indécence. Il a veillé à sa place et à sa manière pour sauver, dans une opposition intelligente, ce qui pouvait encore l'être.

Comme j'espère être un homme libre, que plus rien ne m'oblige à une quelconque réserve depuis le mois d'octobre 2011 mais que je n'ai pas l'âme d'un militant se forçant à croire au miracle, j'attends qu'entre les deux tours un choix clair et décisif soit opéré. François Bayrou, flatté, courtisé, ne sera jamais le fourrier (personne préparant la survenue d'événements fâcheux) de la réélection de Nicolas Sarkozy. On ne dénonce pas un quinquennat en ouvrant la voie pour un autre destiné à lui ressembler comme deux gouttes d'infortune.

Philippe Bilger, magistrait honoraire, conseiller spécial au cabinet D'Alverny, demont et Associés

jeudi 19 avril 2012

La campagne présidentielle vue de l'étranger

Source : L'Est Républicain

JUGÉE MORNE, DÉCALÉE par rapport aux préoccupations des Français par l’opinion publique hexagonale, la campagne présidentielle ne trouve pas davantage grâce à l’étranger, comme le soulignent les correspondants européens, américains et japonais en poste à Paris.

Ceux qui ont suivi les élections de 2007 ne cachent pas leur nostalgie et avancent des éclairages comparatifs peu flatteurs pour l’actuelle compétition et ses acteurs. La personnalité de Nicolas Sarkozy est souvent prise pour cible par les observateurs étrangers qui, lorsqu’ils regardent à gauche, s’inquiètent du phénomène Mélenchon (lire ci-dessous), puis du positionnement idéologique de François Hollande et du PS.

« La différence entre les deux campagnes est vraiment marquée », s’exclame Luis Uria, correspondant de « La Vanguardia », quotidien espagnol de centre droit. « Il y a 5 ans, on sentait un enthousiasme et une envie de part et d’autre. Aujourd’hui, l’ambiance est plombée par la crise. Sarkozy n’incarne plus le nouvel espoir de la droite. Son profil soulève les passions ».

Alessandro Grandesso, correspondant pour la chaîne italienne Radio Monte-Carlo se souvient de « la campagne excitante qui opposait un homme, le nouvel espoir de la droite, et une femme à gauche, ce qui constituait aussi une nouveauté. L’Italie continue toujours de plus s’intéresser à la France que vous à l’Italie, surtout depuis qu’on n’a plus Berlusconi, mais franchement, l’enthousiasme n’y est pas ».

« Pas franchement sexy, cette campagne, on a du mal à s’y intéresser », confesse Hitoshi Suzuki, chef du bureau parisien de la NHK, la grande chaîne de télévision japonaise. « Votre campagne, on pourrait la résumer à ceci : Sarkozy versus Sarkozy, cela fait vraiment bizarre qu’il choisisse de faire contrition sur le Fouquet’s et le yacht à quelques semaines du premier tour ! Ce qui nous inquiète le plus, c’est la façon dont le résultat de la présidentielle va peser sur la solidité de la zone euro, cela aura forcément un impact sur les autres économies du monde. »

« Les questions centrales autour de la crise ne sont pas abordées », estime Léo Klimm, correspondant du Financial Times Deutschland. Il se fait malicieux à l’évocation des tribulations du couple franco-allemand : « Ériger l’Allemagne en modèle, je m’en suis tout d’abord réjoui. Puis j’ai eu des doutes très forts : ce n’était pas une bonne idée pour un peuple fier comme les Français. Quant à la venue de Mme Merkel à un meeting de Sarkozy, elle était certes annoncée par la CDU, mais à la demande de l’UMP. La chancelière n’a aucun intérêt à venir. Elle doit pouvoir travailler avec n’importe quel candidat devenant le futur président ».

« Le ras-le-bol du sarkozysme la poussera-t-elle à donner sa chance au candidat socialiste qui se présente pour la première fois ? Le résultat s’annonce très serré », pronostique Alexander Freiherr von Sobeck-Skall, responsable de la ZDF à Paris.

« En 2007, beaucoup de nouveautés et de promesses, et aujourd’hui les Français sont déçus », relève Devorah Lauter, journaliste au Los Angeles Times, « je ne serais pas surprise qu’il y ait une forte abstention ».

Philippe RIVET

mercredi 18 avril 2012

Les Gaullistes soutiennent François Bayrou

Source : L'Express

"Rassemblons la France derrière François Bayrou"
"S'appuyant sur son expérience et sa maturité, François Bayrou a su se tenir debout face à l'adversité et prendre, comme le Général de Gaulle, le risque de la solitude pour mieux se mettre à l'écoute du pays, intégrer les enjeux et construire les conditions d'un large rassemblement."

Anciens compagnons de route de Jacques Chirac ou de Philippe Séguin, élus locaux membres de l'UMP, anciens responsables du RPR, présidents d'associations gaullistes, blogueurs engagés, responsables associatifs... 40 personnalités gaullistes appellent au rassemblement des Français derrière François Bayrou, dans une tribune rendue publique par L'Express ce mercredi.

"Puisque tout recommence toujours ce que j'ai fait sera tôt ou tard une source d'ardeurs nouvelles après que j'aurai disparu." Cette adresse du Général de Gaulle aux futures générations doit nous permettre de nous poser une question simple: qui aujourd'hui s'inscrit dans une démarche gaulliste? Quel candidat crédible rassemblera les Français autour des valeurs de la République, fera tenir à la France son rang, recréant les conditions d'une prospérité partagée?

Le président de la République sortant s'était prétendument inscrit dans une démarche de "rupture". Probablement l'a-t-il fait pour entrer dans ce qu'il pensait être la modernité. En réalité, du Fouquet's au discours de Grenoble, à la réintégration dans le commandement intégré de l'Otan, la fonction présidentielle, le pacte républicain, l'Indépendance Nationale ont été affaiblis.

Il ne peut y avoir de victoire d'un camp, qu'il soit de gauche ou de droite
Dans la France tétanisée par le déplacement de l'axe du monde, 2012 doit être le grand moment pour un nouveau départ. Il ne peut pas y avoir de victoire d'un camp, qu'il soit de gauche ou de droite. Il ne peut y avoir que la victoire d'un peuple uni, des Français dans leur ensemble.

Au plan institutionnel, une partie des prétendues élites a cumulé les pouvoirs. La France, celle à laquelle nous croyons, ne peut tolérer davantage cette confiscation de la vie publique.

Pour ce qui est de la cohésion, la France est au bord de l'implosion. Après des années d'agitation qui ont jeté les Français les uns contre les autres, la zizanie est partout. La France en tant que creuset des valeurs universelles ne sera jamais dans ces oppositions et ces confrontations parfois haineuses.

Au plan économique, le délitement est évident. Le Premier Ministre avait d'ailleurs dressé un constat lucide de la situation en 2007 en affirmant qu'il était à la tête d'un Etat en faillite. Malgré son rôle modérateur, tout part à vaux l'eau, et la dégringolade nous place sous les diktats des marchés financiers.

Pour ce qui a trait au social, l'échec est là, encore cuisant. On ne compte plus les statistiques pointant la hausse de la misère, des inégalités sociales, de l'échec scolaire. Pourtant, notre pays est empli de générosité, de potentialités, et de solidarité.

Au plan international, la voix de la France porte moins haut. Depuis les discours sur l'égale dignité des cultures devant l'Unesco en 2001, sur "notre maison qui brûle" à Johannesburg en 2002 ou contre la guerre en Irak à l'ONU en 2003, notre capacité à rassembler les Nations s'étiole. Cette perte d'influence est perceptible en premier lieu en Europe où notre affaiblissement laisse place à un déséquilibre inquiétant pour l'avenir de l'Union.

Nous croyons en la force de la volonté et de la vérité pour redresser notre Pays
Face à toutes ces dérives, que ni le PS ni l'UMP ne peuvent renier, nous croyons en la force de la volonté et de la vérité pour redresser notre Pays. La France a déjà connu des gouffres plus profonds. Mais, toujours, elle a su susciter des destins capables de porter la force et l'espoir de tout un peuple.

Par delà nos filiations politiques souvent entremêlées, nous sommes tous les enfants de la tolérance d'Henri IV et de la grandeur des Bourbons, les héritiers du miracle citoyen de la Révolution française et les fils, enfin, du refus de la fatalité de Charles de Gaulle.

François Bayrou parle à tous les citoyens de France
En se présentant à nous en homme libre qui a su se placer au dessus de sa propre attache partisane, François Bayrou parle à tous les citoyens de France. C'est cela, la rencontre d'un homme avec le peuple.

Il est de notre responsabilité aujourd'hui, nous issus de cette famille gaulliste, de regarder nos amis dans les yeux et d'interroger leur conscience. Il est temps de rassembler les Françaises et les Français: tenons leur un discours de vérité sur le risque d'affaiblissement irrépressible du pays. Il est temps de donner une nouvelle chance à la France, à ses millions de pauvres, à ses millions de chômeurs.

Aujourd'hui, il faut aux orphelins du gaullisme faire un choix
Nous en appelons à dépasser la querelle des familles politiques, des origines et des caractères particuliers.

S'appuyant sur son expérience et sa maturité, François Bayrou a su se tenir debout face à l'adversité et prendre, comme le Général de Gaulle, le risque de la solitude pour mieux se mettre à l'écoute du pays, intégrer les enjeux et construire les conditions d'un large rassemblement.

Aujourd'hui, il faut aux orphelins du gaullisme faire un choix. Un choix peu évident de prime abord. Et pourtant, il s'impose à nous. C'est pourquoi nous appelons tous ceux qui croient en la capacité de sursaut de notre pays, dont les compagnons de route de Georges Pompidou, Jacques Chirac et de Philippe Séguin qui n'ont pas renoncé à leurs idéaux, à se rassembler autour de François Bayrou.

Le Président Bayrou incarne aujourd'hui le mieux nos valeurs républicaines, notre attachement à la grandeur de la France, notre exigence de prospérité partagée et notre aspiration à l'élévation de l'Homme. François Bayrou, cet aquitain, ce Béarnais de France est le seul capable de répondre au besoin de réconciliation qui permettra enfin à la France de se projeter vers son destin. Car "un pays uni, rien ne lui résiste ".

Par le Collectif Coloré - Collectif d'Opinions Républicaines.

Les 40 signataires
Jean-François Probst, ancien secrétaire général du groupe gaulliste au sénat, ancien conseiller de Jacques Chirac, Alain Juppé, Charles Pasqua et Michèle Alliot-Marie, Florent Longuepee, responsable de Coloré, ancien secrétaire national du RPR auprès de Philippe Séguin, Xavier Jaglin, responsable de Coloré, élu local, ancien conseiller national du RPR, Thierry Coulom, maire adjoint UMP de Nancy, Hervé Mecheri, ancien maire adjoint de Jacques Chirac et vice président RPR du conseil régional d'IDF, Erwan Toullec, membre fondateur de l'UMP et président de France République, Francis Nizet, membre élu de l'AFE, conseiller national UMP, professeur agrégé, Chine Jean-Antoine Giansily, ancien président du CNIP, adjoint au maire, de Jacques Chirac et député européen, Ibrahim Dindar, vice-président du conseil général de la Réunion, Droite sociale de la Réunion, Sihame Arbib, présidente du club Compétence Synergie et initiative, ex-cadre de République Solidaire, Michel Bulte, ancien maire du 19ème arrondissement et adjoint au maire de Jacques Chirac, Robert Labro, membre élu de l'Assemblée des Français de l'Etranger, groupe RFE, Italie, Cédric Alepee, avocat au barreau de Paris, ancien secrétaire de la conférence, docteur en histoire, Fernand Vallet, maire gaulliste, Orne, Fouzi Bouhadi , élu radical valoisien de Perpignan, Olivier Duqueroy, élu local du Nouveau Centre, Charente-Maritime, Nathalie Morin, élue locale UMP du Val d'Oise, Jules-Alain Ramananjaona, ancien président de la fédération RPR de la Meuse, Jean-Marie Cousin, maire et conseiller général divers droite de la Meuse, Joël Rigolat, président de l'URP (union des républicains de Progrès - mouvement gaulliste), Yonne, Cyril Talbot , secrétaire général de l'ARS (Action Républicaine et Sociale - mouvement gaulliste), Evry, Pascal Marin , responsable du RDT (rassemblement Démocrate travailliste - gaullistes de gauche), Jean-Claude Guelh, ancien maire UPF, Moselle, Hervé Pelliet, responsable régional d'une fondation gaulliste, Quimper, Bernard Testart, conseiller national de République Solidaire, UMP, Pyrénées atlantiques, Jean Schmidt, conseiller national de République Solidaire, Haut-Rhin, Victoire Soulages, étudiante, conseillère nationale de République Solidaire, Aveyron, Moustapha Oulkhouir, conseiller national de République Solidaire, Manche, Pierre-Théophile Essoungo, conseiller national de République Solidaire, Seine-et-Marne, Matthieu Danen, collaborateur d'élus, Toulouse.

Responsables associatifs:

Emmanuel Delarue, blogueur, Paris, Alexandre Cauchois, blogueur, Le Havre, Hervé Cheuzeville, blogueur, auteur et travailleur humanitaire, Bastia, Jean-Paul Teboul, officier public et ministériel, Yvelines, Léontine Sehoue, responsable d'association humanitaire, doctorante, Beauvais, Johann Vitrey, chef d'entreprise, UMP, Paris, Mickaël Lecuyer, syndicaliste, Tours, Henri Chardon , entrepreneur, Gabon, Paul Boyer, ancien élève de l'école militaire spéciale de Saint-Cyr, Carcassonne,Lucienne Pons, retraitée, consultante bénévole.

mardi 17 avril 2012

Contrairement à ce que l'on nous dit, la crise financière est toujours là !

Grâce à la Banque Centrale Européenne, depuis début 2012, nous n'entendions plus parler de problèmes financiers pour les Etats européens.
Nombre de candidats à l'élection présidentielle avait donc mis en suspens, le temps de la campagne et des promesses, la situation critique de nos finances et les contraintes financières importantes avec lesquelles l'Etat français doit fonctionner.
L'annonce des difficultés que rencontre l'Espagne depuis quelques jours met chacun fasse à ses responsabilités et donne ainsi raison aux candidats comme François Bayrou, qui prône, depuis le début, un dialogue de vérité sur la rigueur et l'absence totale de dépenses nouvelles lors du prochain quinquennat.

Source : Le Point






Zone euro : le retour de la crise financière
Après quelques mois d'accalmie, l'Espagne suscite l'inquiétude des investisseurs. La France n'est pas à l'abri.

C'est devenu un véritable argument de campagne pour Nicolas Sarkozy. En cas d'élection de François Hollande, la France pourrait être attaquée par les marchés. "J'entends que, chez certains, on se sent inspiré par l'esprit de 1981. C'est leur droit. En 1981, il a fallu deux ans pour que tout s'arrête et tout se retourne. En 2012, il faudrait deux jours, c'est ça, la vérité", martèle maintenant le président-candidat au cours de ses interventions. Non sans contradictions, il se vante d'avoir contribué à régler la crise financière tout en utilisant le regain de tension sur la dette espagnole pour disqualifier par avance la politique proposée par François Hollande...

Où est la vérité ? Après l'octroi par la Banque centrale européenne (BCE) de quelque 1 000 milliards (à la fin décembre, puis en février) à 1 % sur trois ans aux banques, la crise financière avait disparu des gros titres de la presse. Conjuguées au succès de l'annulation de la moitié de la dette grecque détenue par les investisseurs privés, les deux opérations lancées par Mario Draghi avaient réussi à apaiser les tensions sur le marché de la dette souveraine de la fin 2011. Les candidats à la présidentielle française s'étaient d'ailleurs immédiatement remis à faire marcher la machine à promesses.


L'Espagne dans l'oeil du cyclone

La réalité est en train de les rattraper. La BCE n'a rien fait d'autre que d'"administrer une dose massive d'analgésiques" sans résoudre les problèmes structurels, avait prévenu Jean Pisani-Ferry, directeur du think tank Bruegel, dans une interview au Point.fr début mars. Depuis quelques semaines, les effets des analgésiques s'estompent.


Cette fois, c'est l'Espagne qui inquiète le plus les investisseurs. Le nouveau gouvernement de droite de Mariano Rajoy a eu beau annoncer un nouveau plan de rigueur pour tenir ses objectifs de réduction des déficits, les investisseurs doutent de nouveau de la capacité du pays à inverser la tendance de l'aggravation très rapide de sa dette.


"L'Espagne est sous observation étroite des marchés. En ce moment, c'est le pays qui doit affronter le plus important ajustement budgétaire, encore plus considérable que celui garanti en Italie par le plan d'austérité (adopté) au début du mandat du gouvernement Monti", constate Pier Carlo Padoan, le chef économiste de l'OCDE. Selon les prévisions de Natixis, Madrid ne devrait pas pouvoir réduire le déficit à moins de 6,3 %, contre 5,3 % attendu. L'annonce précipitée d'un effort supplémentaire d'économies de 10 milliards d'euros dans l'Éducation et la Santé, lundi, "n'a rien fait pour rassurer les marchés", juge Cyril Regnat, stratégiste obligataire chez Natixis. Le lendemain, les taux à 10 ans de la dette espagnole ont frôlé les 6 %, un niveau susceptible d'alourdir considérablement le coût de la dette s'il devait se maintenir à un tel niveau.

Doutes sur le Portugal et l'Irlande

L'Italie n'est pas non plus tirée d'affaire. Les réformes structurelles portées par Mario Monti, comme celle du marché du travail, rencontrent une opposition croissante et pourraient se révéler moins ambitieuses que prévu. Les taux demandés par les investisseurs pour financer de la dette à trois ans ont fortement augmenté jeudi par rapport aux émissions du même type au mois de mars. La récession, entretenue par des plans de rigueur drastiques, empêche ces deux poids lourds de l'économie de la zone euro de sortir de l'ornière.

Pour ne rien arranger, le Portugal et l'Irlande, sous perfusion, pourraient ne pas pouvoir revenir sur les marchés à temps et solliciter un nouveau plan d'aide du FMI et des Européens, ce qui réduirait d'autant la capacité du nouveau pare-feu de la zone euro à venir au secours de l'Espagne, voire de l'Italie.


Dans ce contexte, les Bourses européennes se sont montrées très instables. Mardi, le CAC 40 a décroché de plus de 3 %. Depuis un mois, la chute dépasse 7 %, comme sur les Bourses de Madrid et Milan, qui ont reculé respectivement de plus de 8 % et 11 %.


La France peut-elle être atteinte par le mouvement de défiance ? L'écart entre le taux demandé à l'Allemagne pour financer sa dette s'est déjà légèrement écarté du taux réclamé à la France, soulignent les observateurs. Mais c'est surtout la dette allemande qui, pour l'instant, profite de sa réputation de valeur refuge.


L'élection, un facteur de risque

Il n'en est pas moins vrai que "l'élection est un facteur de risque pour les marchés, estime toutefois Cyril Regnat, on ne peut pas exclure une remontée des taux". La hausse devrait toutefois rester relativement modérée, selon ce spécialiste, qui anticipe une remontée du taux à 10 ans à environ 3,30 %, soit une hausse de 30 à 40 points de base. L'agence France-Trésor a d'ailleurs pris un peu d'avance dans son programme d'émission (l'équivalent de 800 millions d'euros par jour ouvré) afin de laisser de la marge au nouveau locataire de l'Élysée. La France peut aussi compter "sur le chemin parcouru par la zone euro depuis la fin de l'année 2011 avec l'adoption du pacte budgétaire, l'entrée en vigueur du nouveau pare-feu européen de 800 milliards d'euros à partir de juin 2012 et le volontarisme de la BCE".

Mercredi, le Français Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, a contribué à ramener le calme sur les marchés en ouvrant la porte à d'éventuels nouveaux rachats de titres de dette espagnole au cas où la situation devait encore se dégrader. Cyril Regnat ne croit pas à ce scénario noir, notamment parce que le Trésor espagnol est en avance sur son programme d'émission de dette de 86 milliards d'euros programmé en 2012. Il a déjà bouclé près de la moitié de son programme et devrait avoir accompli les trois quarts d'ici au milieu de l'année.


http://www.lepoint.fr/economie/zone-euro-le-retour-de-la-crise-financiere-12-04-2012-1451041_28.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20120414

lundi 16 avril 2012

Les propositions de François Bayrou saluées par les dirigeants des petites et moyennes entreprises

François Bayrou a reçu un accueil particulièrement favorable lors de la présentation de son programme économique à la Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises, jeudi 12 avril.

Reçu jeudi matin par les dirigeants de la CGPME, François Bayrou a d'abord tenu à rappeler qu'il est "le seul des candidats à cette élection qui traite des préoccupations quotidiennes des Français, à avoir mis des sujets comme le produire en France, le surendettement, et l’assainissement des finances publiques sur le devant de la scène".

"Notre mission commune est de sortir la France du surendettement dans lequel elle est plongée"

Fidèle à sa démarche de vérité, le candidat à la présidence de la République a fixé comme priorité la lutte contre le surendettement de la France. "La dette, le chômage, et la baisse du pouvoir d’achat sont trois fruits issus du même arbre malsain". À l’instar des autres candidats, François Bayrou refuse de dépenser tous azimuts, et d’ouvrir les vannes de la dépense publique. Il fait au contraire l’apologie d’une gestion rigoureuse, "empreinte de bons sens" : "Pendant deux ans, je propose une "augmentation zéro" de la dépense publique, ce qui permettra de sortir la France de l’ornière". Avant d’avancer l’un de ses chevaux de bataille dans cette campagne présidentielle : le Produire en France : "Nous devons focaliser nos attentes sur ce sujet. Seule la productivité en France pourra nous permettre de sortir la tête de l’eau".

En matière de fiscalité du travail, François Bayrou a posé les jalons de la politique de l’emploi qu’il mettra en œuvre une fois élu : "Je suis en faveur d’une compensation des charges sur les heures supplémentaires". Puis, de pourfendre la TVA sociale, telle qu’elle a été mise en place : "Je ne suis pas, contrairement à ce que j’ai pu lire ici où la, un farouche opposant de la TVA anti-délocalisation. Je dis juste qu’une TVA à 1,6% est une absurdité car un taux si bas n’aura strictement aucun impact sur le coût du travail". Il s’est également déclaré en faveur d’un contrat de travail unique, "afin de stopper la multiplication intempestive et abusive des CDD dans notre pays", a-t-il souligné.

"Il maîtrise vraiment bien son sujet, c’est dommage qu’il ne soit pas davantage écouté"

Les chefs d'entreprises n'ont pas manqué d'apporter leur contribution et d'interpeller le candidat. Des échanges souvent empreints de bienveillance et placés sous le sceau de la convivialité. Alors que l'un d'eux déplorait la proposition d'Eva Joly de ramener à 32h le temps de travail hebdomadaire, François Bayrou a d'abord réagi avec humour : "Moi, actuellement vous savez j’en suis plutôt à la semaine de 80 heures". Sur un ton plus sérieux, il a ensuite rappelé son opposition de longue date aux 35 heures qui restent, à ses yeux, "une mauvaise idée, très mal conçue dans son application".

Le député des Pyrénées-Atlantiques a souligné avoir été le premier à prôner un Small Business Act à la française : "J'en étais déjà le promoteur en 2007. Il figure toujours dans mon programme et j'aurai à coeur de le mettre en oeuvre". Une conclusion applaudit avec force par une assistance visiblement conquise par cet échange constructif, à l’image de Cécile, patronne d’une PME d’une vingtaine de personnes : "Il maîtrise vraiment son sujet et ses propositions sont pleines de bon sens. Je ne comprends pas pourquoi il n’est pas davantage entendu, alors qu’il a le mérite de poser les vraies questions et d’apporter les vrais réponses", commentait-elle à la sortie.

dimanche 15 avril 2012

François Rochebloine officiellement candidat à sa succession






"Je souhaite évoquer avec vous l’avenir. L’avenir de notre territoire d’une part, mais aussi l’avenir de notre pays, le pays que nous aimons tous, la France.
Face à une crise d’une exceptionnelle gravité, je veux assumer avec courage et lucidité les choix cruciaux et difficiles qu’il a fallu faire et qu’il conviendra encore de faire pour permettre à notre pays de conserver son rang et de préserver les acquis que le monde entier nous envie. En tant qu'élu de la République, je me fais un devoir d'agir en ayant constamment à l'esprit qu'une bonne loi doit être suffisamment protectrice, sans être pour autant être déresponsabilisante.
Dès ma première élection comme député, je me suis fortement impliqué dans le mandat que vous m’avez confié, en ayant une présence active à l’Assemblée Nationale, sans pour autant délaisser le terrain. Pour bien connaître un sujet, il faut en avoir parlé et l'avoir travaillé avec les gens concernés. Ma méthode est simple et éprouvée : proximité et disponibilité, au service de tous sans exclusive.
J’ai toujours voulu être dans l’action pour vous servir, pour servir notre territoire et la France.
Et cela a toujours été ma ligne de conduite, notamment au niveau de l’emploi et de la défense de nos entreprises et de leurs salariés. Ce n'est pas le domaine le plus facile, mais le député a un vrai rôle à jouer. Il faut faire preuve ici de combativité et de ténacité, bref d'une implication très forte et d'une réactivité permanente.
J'ai la volonté de poursuivre et d'amplifier mon action au service de l'économie locale (de l'industrie à l'agriculture) et de soutenir les nombreuses initiatives qui naissent et doivent être encouragées sur l'ensemble de notre territoire, mais aussi dans d’autres domaines qui nous concernent tous, tels que la lutte contre l’insécurité, l’aménagement de nos espaces ruraux et urbains, le développement des services pour la population...
Chaque semaine, je suis présent dans les communes de la circonscription, et c'est ainsi qu'il m'est possible de mesurer les attentes des habitants, des forces vives et des élus. Je bénéficie également aujourd'hui de la confiance renouvelée des différentes composantes de la Majorité présidentielle (Nouveau Centre, UMP et Parti Radical) qui m’encouragent à continuer mon travail parlementaire au service de notre pays.
Aidé par une équipe jeune, compétente et dynamique, je souhaite mettre à profit la campagne électorale qui s'ouvre pour aller à la rencontre des habitants et dialoguer pour être ensuite un porte-parole efficace.
Sollicitant à nouveau les suffrages des électrices et des électeurs de la 3ème circonscription de la Loire, j'ai l'ambition de faire gagner avec vous ce territoire et la France". François Rochebloine - Saint Chamond - 13 Avril 2012.








samedi 14 avril 2012

"Je serai le président qui refuse que l'Etat entasse la dette sur le dos de ses enfants"

Sur le plateau de l'émission Des Paroles et des Actes, jeudi 12 avril sur France 2, François Bayrou a défendu "l'indispensable" endiguement de la dette et des déficits de la France.


A défaut du "véritable" débat entre les dix candidats, qu'il appelait de ses voeux, ce fut un grand oral. François Bayrou a ouvert jeudi cette deuxième séquence de l'émission "des Paroles et des actes" en justifiant ses propos au lendemain des drames de Toulouse et de Montauban : "Je n'ai jamais cédé à la polémique politicienne. J'ai juste dis, et je le maintiens, que des poisons existent au sein de la société française. Toutes ces haines me trouveront toujours contre elles". Et d'accuser le monde médiatico-politique d'avoir fait un amalgame entre ses propos et le lieu où ils ont été tenus, à savoir la ville de Grenoble, théâtre de la violente charge de Nicolas Sarkozy à l'été 2010 à l'encontre des Roms : "Je n'ai jamais mentionné Nicolas Sarkozy au moment où j'ai tenu ces propos. C'est vous qui faites un lien". François Bayrou a tenu à prévenir contre les tensions communautaires toujours vives dans notre pays : "Les guerres de religion ne sont jamais éteintes et menacent toujours de se rallumer. Je ferai tout pour que cela n'arrive pas", a-t-il souligné.

"La source de nos difficultés n'est pas uniquement le fruit du coût du travail"

En ce qui concerne la politique de l'emploi qu'il compte mettre en oeuvre s'il est élu, François Bayrou s'est voulu rigoureux et pragmatique : "Pendant deux ans, je propose qu'il n'y ait aucune augmentation de notre dépense publique. Au contraire des autres candidats, je ne propose pas de dépenser tous azimuts et je reste persuadé que toutes nos difficultés ne sont pas le fruit du coût du travail". Et de citer l'exemple de l'Allemagne : "Nos voisins allemands ne connaissent pas ces difficultés alors qu'ils ont un coût du travail supérieur au nôtre".

François Bayrou a ainsi déploré l'absence de véritable volonté nationale et a appelé à la mise en place d'une stratégie "filière par filière afin de reconstruire le tissu industriel du pays." Le député des Pyrénées-Atlantiques a rappelé la situation "alarmante" dans laquelle se trouve l'Espagne, contre-exemple par excellence. "Je ne veux pas que la France devienne l'Espagne ! Pour cela nous ne devons pas dépenser plus que ce que nous avons dépensé cette année et l'année précédente. Il est inadmissible que l'Etat entasse la dette sur le dos de ses enfants."

"Nous sommes la seule proposition politique qui pourra former une majorité stable pour relever le pays"

François Bayrou a rappelé l'opiniâtreté et la constance de ses propositions, alors qu'il propose depuis dix ans déjà l'impérieuse unité nationale: "De plus en plus de gens se rendent compte de la nécessité d'une force du centre". Interrogé sur les oeillades et les appels du pied des deux principaux candidats à son endroit, François Bayrou a esquissé un sourire, sans se départir de ses convictions initiales : "Mettez-vous bien en tête que nous sommes l'unique proposition politique qui sera en mesure de former une majorité stable afin de redresser le pays".

Enfin, le candidat a déploré l'absence des préoccupations quotidiennes des Français dans cette campagne : "Cette campagne est une campagne cruciale qui ne s'est malheureusement pas formée autour des questions cruciales. Dans dix jours, les Français devront se poser les bonnes questions. Qui voit juste et qui est vraiment courageux dans cette campagne ? Voilà les vraies questions que les Français vont se poser dans l'isoloir", a-t-il conclu.

vendredi 13 avril 2012

"Il reste dix jours aux citoyens pour dire qu'il y en a assez de cette mascarade"

François Bayrou a souligné l'importance de dire la vérité aux Français, lors d'un interview à la Matinale de Canal Plus, jeudi 12 avril.


La Matinale - Est-ce que vous pensez qu’en disant la vérité aux Français, on peut se faire élire ?

François Bayrou - Je pense que dire la vérité est la nécessaire première marche quand un pays veut s’en sortir. Les économistes qui viennent sur votre plateau disent qu’on ment aux Français, je sais qu’on ne bâtit rien à partir des mensonges. Rêver et espérer, c’est précisément regarder la vérité en face, et à partir de là dire qu’on va s’en sortir. Le seul message optimiste, c’est de dire qu’il faut obtenir les changements nécessaires pour que le pays s’en sorte. Si on identifie les problèmes, si on voit les questions, si on a la lucidité de regarder les problèmes en face et l’honnêteté d’en parler avec les Français - parce que c’est eux qui vont devoir s’en sortir -, à ce moment là on est un démocrate.

Raymond Barre, Michel Rocard, Lionel Jospin, Édouard Balladur voulaient incarner cette forme de responsabilité politique. Ils ont été écartés. C’est dans cette filiation que vous vous situez ?

Au contraire, je crois moi que quand un pays va aussi mal, quand il a devant lui le chômage de ses enfants qui explose, ce que veulent les citoyens, ce n’est pas des raconteurs d’histoires et des truqueurs de réalité. Ce que veulent les citoyens, ce sont des gens qui saisissent les problèmes et qui avancent. Mon rôle dans cette campagne électorale, est de dire aux Français : regardez ce qui vous arrive.

Pourquoi les Français ne vous suivent pas ?

Vous n’en savez rien. Il reste dix jours de campagne électorale, et durant ces dix jours va se former la volonté du peuple français. C’est largement suffisant dix jours, pour que les citoyens disent : 'il y en a assez de cette mascarade'. Avez-vous vu le débat hier soir ? Une parodie de débat, une succession de candidats qui ne peuvent même pas se poser une question entre eux. Est-ce que c’est de cette manière que la vérité va apparaître devant les gens ? François Hollande n’a rien dit, pas une seule idée directrice, pas une seule chose qui permet au citoyen de se diriger. Mon idée directrice, la France doit mobiliser tous ses efforts, toute son intelligence, toute sa capacité, tous ses moyens pour reconstruire l’emploi, la production chez nous, des usines, des entreprises, des laboratoires. Enfin, tout ce qui fera de notre pays qu’il offrira une chance aux plus jeunes et qui trouvera les ressources pour financer la solidarité.

On nous explique que si François Hollande sera élu, la France sera visée par des attaques spéculatives. Croyez-vous à cette hypothèse, qui s’appuie sur le fait qu’il créera des postes de fonctionnaires supplémentaires ?

François Hollande ne créera pas de postes supplémentaires, et il le sait très bien. Croyez-vous que François Hollande a besoin de faire un grand audit pour savoir où en est la France? Un de ses amis est président de la Cour des comptes, il sait très bien où en est la France, il n’embauchera jamais des fonctionnaires quand il sera élu. Son grand audit est une façon de dire qu’il nous prévient à l’avance qu’il fera une enquête qui expliquera qu’il ne tiendra pas ses promesses. Les promesses qui ont été faites dans les deux camps ne seront pas tenues. Par exemple Nicolas Sarkozy qui dit qu’il n’augmentera jamais les impôts, alors qu'il les a augmentés de manière assez substantielle dans les cinq années qui viennent de s’écouler. Pour rééquilibrer les finances du pays, bien entendu il faudra des recettes supplémentaires et il faudra faire des économies. Je suis le seul dans cette élection à le dire aux Français, on les fera en servant aussi bien voir mieux les Français parce qu’il y a beaucoup de gaspillage.

jeudi 12 avril 2012

Peu d'audimat pour le pseudo débat organisé par France 2 hier soir

France 2 a souhaité organiser un débat entre les 10 candidats à l'élection présidentielle.
Je m'étais tout de suite réjouis à l'idée de voir un vrai échange de propositions à la télévision devant l'ensemble des Français.
C'était d'ailleurs une demande expressement formulée par Nicolas Dupont Aignan et François Bayrou.

Mais c’était sans compter sur Nicolas Sarkozy et François Hollande qui s'y opposaient farouchement.
Une nouvelle fois les « deux favoris » de cette élection, ont réussi à imposer leur choix aux journalistes déteriorant notre démocratie.
A la place d’une véritable confrontation, France télévision nous a organisés des passages chronométrés avec les 10 candidats face aux journalistes dans deux émissions « Des paroles et des actes ». L’une avait lieu hier soir avec Philippe Poutou, Eva Joly, Nicolas Dupont-Aignan, François Hollande et Marine Le Pen. L’autre aura lieu ce soir avec François Bayrou, Nicolas Sarkozy, Nathalie Artaud, Jacques Cheminade et Jean Luc Mélenchon.

Le public n’a pas été au rendez-vous de la première émission qui, avec une audience de 3,4 millions de téléspectateurs, peut être vu comme un véritable échec. Il n'y a rien de surprenant, à la place d’une confrontation qui aurait fait couler beaucoup d’encre et intéressé les Français, on nous a fait passer un par un les candidats pour qu’ils puissent débiter tranquillement leurs arguments.
L’absence d’un vrai débat dans cette campagne présidentielle est une honte, l'état de notre pays mérite une autre campagne, une campagne avec du fond et de la confrontation de propositions.
Pour le moment, les véritables problèmes n'ont jamais été abordés : on ne parle pas de la crise, des réformes fiscales, de l'Europe de demain, d'écologie... Et la Grèce ne va pas mieux au moment où l'Espagne vacille... France accroche toi!

mercredi 11 avril 2012

François Bayrou présente sa loi cadre pour l'emploi et le pouvoir d'achat

François Bayrou a présenté sa loi-cadre pour l'emploi et le pouvoir d'achat, lors d'une conférence de presse à son QG de campagne.

Depuis trente ans, la France a commis l’erreur de ne pas adapter son économie à la mondialisation et de mettre plus l’accent sur la consommation que sur la production. Cette évolution, qui résulte plus d’une lente dérive que d’un choix véritablement assumé, se traduit aujourd’hui par un triple déséquilibre : montée du chômage dans l’ensemble des secteurs d’activité, déficit du commerce extérieur, qui atteint 70 milliards d’euros en 2011, alors que notre principal partenaire, l’Allemagne, enregistre un excédent de près de 160 milliards, et déficits des comptes publics, qui alourdissent chaque jour notre dette.

Le recul de notre appareil productif est particulièrement net dans l’industrie avec la perte de près de deux millions d’emplois depuis 1980.

Le contexte mondial, la concurrence croissante des économies émergentes, l’intensification des échanges internationaux nécessitent aujourd’hui de redéfinir une véritable stratégie de production au service d’une obsession nationale : l’emploi. La solution ne viendra pas d’un repli sur nous-mêmes ni d’un renforcement du protectionnisme, qui ne feraient qu’isoler et appauvrir la France en la maintenant à l’écart du développement de l’économie mondiale. Seule une stratégie de reconquête de nos capacités de production et de valorisation résolue de l’image de marque des produits fabriqués en France, combinée au rétablissement d’une concurrence loyale avec les grands pays émergents et à une politique résolue de soutien de la croissance, permettra de créer de l’emploi et d’assurer la progression durable du niveau de vie dans notre pays.

Cette stratégie doit d’abord se développer au niveau national, en métropole et dans les Outre-mer, comme au niveau européen, par l’élaboration de démarches communes avec nos partenaires. A cette fin, la présente loi organise une mobilisation générale pour renforcer notre appareil productif dans tous les domaines, qu’il s’agisse de l’industrie, des services ou de la production culturelle. Ses dispositions visent à :

- promouvoir l’emploi et le dialogue social, renforcer notre compétitivité et rendre aux pouvoirs publics une capacité d’impulsion pour définir, avec les professionnels de chaque filière, une stratégie de développement durable (titre I) ;

- améliorer la qualité des produits et l’information des consommateurs (titre II) ;

- encourager la recherche et l’innovation, en vue notamment d’accélérer la création d’entreprises et de densifier notre tissu industriel (titre III) ;

- développer l’épargne salariale et créer de nouveaux outils de financement publics et privés de l’économie (titre IV) ;

- faciliter l’activité des artisans, des commerçants et des travailleurs indépendants et accélérer le développement des petites et moyennes entreprises en allégeant leurs charges administratives et en leur ouvrant l’accès à la commande publique (titre V) ;

Toutes ces mesures convergent vers un seul objectif : créer, par l’innovation et par la production, le socle économique indispensable à une politique d’emploi et de salaires élevés en France.




Titre I : Stratégie nationale de production et mesures en faveur de l’emploi

Article 1 : Commissariat stratégique à la production française

1. – Il est créé, auprès du Premier ministre, un commissariat stratégique à la production française. Le commissariat est dirigé par un commissaire général nommé par le président de la République en conseil des ministres, après avis de la commission compétente de chaque assemblée.

2. – Le commissariat formule toute proposition en vue de créer, de maintenir, d’attirer et de localiser des outils et des moyens de production sur le territoire français. Il favorise la création de réseaux de production ou d’exportation, ainsi que l’élaboration de stratégies communes par les acteurs des différentes filières économiques. Il prépare la loi quinquennale d’objectifs et de programmation pour le renforcement des capacités de production françaises. Il contribue par ses propositions et ses recommandations au développement de modes de production durables et à la mise en place de stratégies de production communes entre les différents pays de l’Union européenne.

Le commissariat est saisi pour avis de tout projet de texte ou d’engagement international intervenant dans le domaine économique, social ou environnemental, et de nature à influer sur la compétitivité des produits français ou sur la capacité des acteurs économiques à produire en France. Ses avis sont rendus publics. Lorsqu’il estime qu’un projet de texte ou d’engagement international présente un risque important pour la production ou pour l’emploi en France, le commissaire général peut demander à ce qu’il soit sursis pendant deux mois à sa signature et proposer, dans ce délai, toutes mesures correctrices nécessaires.

3. – Le commissaire général est assisté par un conseil d’orientation dont la composition, fixée par décret, assure la représentation des pouvoirs publics, des principaux organismes de financement publics et privés de l’économie, des partenaires sociaux, des entreprises des différentes filières, des organismes de recherche et d’enseignement supérieur et des associations de consommateurs.

Article 2 : Emplois sans charges

Les travailleurs indépendants et les entreprises de moins de cinquante salariés peuvent procéder à un recrutement sous contrat à durée indéterminée dans les conditions suivantes.

Les gains et rémunérations versés dans le cadre de ce contrat sont exonérés des cotisations à la charge de l'employeur au titre des assurances sociales et des allocations familiales pendant une durée de deux ans lorsque l’embauche concerne une personne au chômage ou un jeune n’ayant jamais été employé sous contrat à durée indéterminée.

Cette exonération n’est applicable qu’à un seul contrat par entreprise. Pour en bénéficier, l'employeur ne doit pas avoir procédé à un licenciement dans les douze mois précédant l’embauche.

Article 3 : Dialogue social et aménagement des conditions de travail

Après négociation avec les partenaires sociaux, des accords-cadres seront signés dans les différentes branches. Ils fixeront pour les entreprises les modalités d’évolution du temps et de la durée du travail et des salaires.



Titre II : Mesures en faveur de l’information des consommateurs et de la qualité des produits

Article 4 : Label "Produit en France"


Le label "Produit en France" est attribué sur demande des entreprises par un organisme de certification indépendant, sur la base d’un cahier des charges défini par décret. Il indique pour chaque produit le pourcentage de la valeur totale réalisé sur le territoire français. Il se substitue aux labels existants.

Article 5 : Extension de la garantie légale des produits vendus en France

La garantie légale de conformité des produits vendus en France est portée à cinq ans. Un décret en Conseil d’Etat fixe la liste des produits pour lesquels elle est maintenue à deux ans, pour des raisons liées à la nature de ces produits.



Titre III : Mesures en faveur de la recherche et de l’innovation

Article 6 : Crédit d’impôt innovation

Les entreprises qui justifient d’innovations techniques majeures peuvent bénéficier du crédit impôt recherche.

Article 7 : Pôles de compétitivité d’initiative locale

Les collectivités territoriales peuvent créer des pôles de compétitivité d’initiative locale regroupant sur un même territoire des entreprises et des organismes de recherche publics ou privés. Ces pôles peuvent également comprendre des établissements d’enseignement supérieur et tout établissement public exerçant une mission en rapport avec leurs objectifs d’innovation et de développement économique.




Titre IV : Mesures en faveur du développement de l’épargne salariale et du financement de l’économie

Article 8 : Banques régionales de développement

1. – Il est créé une Banque nationale de développement et de croissance qui regroupe les moyens de CDC Entreprises et du Groupe Oseo et reprend l’intégralité de leurs missions.

2. – Les banques régionales de développement, filiales de la Banque nationale de développement et de croissance, exercent les missions suivantes :
- contribuer au financement des petites et moyennes entreprises ;
- favoriser le développement économique en prenant en charge une partie du risque résultant des crédits accordés aux petites et moyennes entreprises et en contribuant à l’abaissement du coût du crédit pour ces entreprises ;
- par l’intermédiaire de leurs filiales spécialisées dans les prises de participation ou au travers de fonds dédiés, contribuer au développement de l’activité en investissant dans des petites et moyennes entreprises.

3. – L’Etat, la Banque nationale de développement et de croissance et la région compétente détiennent ensemble plus de 50 % du capital de chaque banque régionale de développement.

Article 9 : Livret d’épargne production

Il est créé un livret d’épargne production (LEP) rémunéré à un taux identique à celui du livret A et bénéficiant d’une exonération de tout impôt ou prélèvement social, dans la limite d’un plafond défini par décret en Conseil d’Etat. Un décret détermine les conditions dans lesquelles les encours ainsi collectés sont centralisés et utilisés pour le financement des petites et moyennes entreprises.

Article 10 : Financement du capital développement

Les souscriptions au capital d’entreprises non cotées créées depuis moins de cinq ans ou les achats de parts de fonds investissant dans ces entreprises ne sont pas décomptés dans le calcul des ratios limitant la part des actions pouvant figurer au bilan des entreprises d’assurances. L’Autorité de contrôle prudentiel remet chaque année au Gouvernement un rapport sur les conditions d’application de cette disposition.

Article 11 : Développement de l’épargne salariale

1. – Les entreprises employant habituellement plus de dix salariés et ne disposant d’aucun système d’épargne salariale mettent en place un dispositif d’intéressement à leurs résultats ou à leurs performances.

Lorsque l’entreprise emploie habituellement moins de cinquante salariés, les modalités de ce dispositif d’intéressement sont définies librement par accord entre le chef d’entreprise et les délégués du personnel.

2. – Les salariés sont informés des dispositifs d’intéressement et de participation existant dans leur entreprise ainsi que des raisons ayant conduit à chaque versement annuel selon des modalités adaptées à la taille de l’entreprise et fixées par décret en Conseil d’Etat.

Article 12 : Mobilisation de l’épargne salariale au service du financement des petites et moyennes entreprises

1. – Les gestionnaires d’épargne salariale sont tenus d’offrir aux salariés la possibilité de placer leur épargne dans un Fonds commun de placement en entreprises pour les petites et moyennes entreprises.

2. – Les fonds communs de placement en entreprises pour les petites et moyennes entreprises investissent deux tiers de leurs encours dans des obligations émises par la Banque nationale de développement et de croissance en contrepartie de prêts consentis à des petites et moyennes entreprises ou dans des parts de fonds communs investis dans le capital de petites et moyennes entreprises ou d’entreprises de taille intermédiaire. Un décret en Conseil d’Etat fixe la composition de leur actif et leurs modalités de fonctionnement.



Titre V : Mesures en faveur des artisans, des commerçants, des professions libérales, des travailleurs indépendants et des petites et moyennes entreprises

Article 13 : Création du facilitateur des démarches administratives


Il est installé dans chaque département une délégation du facilitateur des démarches administratives.

La délégation départementale du facilitateur des démarches administratives désigne pour chaque petite et moyenne entreprise un correspondant unique chargé de centraliser et de suivre l’ensemble des relations de cette entreprise avec les administrations et les organismes sociaux.

Les collaborateurs du facilitateur des démarches administratives sont recrutés au sein des administrations existantes. Leur désignation ne donne pas lieu à la création de postes budgétaires supplémentaires.

Article 14 : Simplifications administratives

La Gouvernement est habilité à prendre par ordonnances, dans un délai d’un an, les mesures nécessaires pour réduire de 50% les déclarations administratives auxquelles sont soumises les travailleurs indépendants et les petites et moyennes entreprises.

Article 15 : Accès des petites et moyennes entreprises à la commande publique

1. – A l’exception des cas où ces dispositions empêchent une mise en concurrence effective, les achats publics de fournitures et de services qui ne sont pas soumis à une procédure européenne de mise en concurrence ainsi que les marchés publics d’une valeur hors taxe inférieure à un plafond fixé par décret doivent être effectués en priorité auprès de petites et moyennes entreprises.

2. – Les entreprises concourant pour un marché public d’un montant de plus de 400.000 Euros sont tenues d’accompagner leur offre d’un plan de sous-traitance détaillant les conditions dans lesquelles elles feront appel à des petites et moyennes entreprises pour l’exécution de 20% au moins de ce marché. La transparence de ce plan de sous-traitance, son équité vis-à-vis des sous-traitants et ses conséquences pour l’emploi entrent pour au moins 10% dans la grille de notation servant au classement des offres.

3. – Les personnes publiques veillent à ce que le regroupement des achats ne restreigne pas l’accès des petites et moyennes entreprises à la commande publique.

4. – Il est créé un portail national des annonces légales.

5. – Il est créé un « Code de la commande publique » qui réunit tous les textes juridiques nécessaires pour répondre aux procédures d’appels d’offre publics.

6. – Le Gouvernement remet chaque année au Parlement un rapport détaillant le montant des commandes publiques effectuées en France auprès des petites et moyennes entreprises et les mesures prises pour faciliter l’accès des petites et moyennes entreprises à la commande publique.

Article 16 : Attribution des marchés publics

L’appréciation de l’offre économiquement la plus avantageuse dans un marché public tient toujours compte du prix, de la qualité, de la valeur technique, du coût global d'utilisation, des coûts tout au long du cycle de vie, de la rentabilité, du caractère innovant, de la qualité et de la proximité du service après-vente et de l'assistance technique.

Elle peut également se fonder sur une pluralité d’autres critères non discriminatoires liés à l’objet du marché, notamment le caractère esthétique et fonctionnel, les performances en matière de protection de l'environnement, les performances en matière de développement de l’emploi et d'insertion professionnelle des publics en difficulté, les performances en matière de développement des approvisionnements directs de produits de l'agriculture, la date de livraison, le délai de livraison ou d'exécution, la sécurité d'approvisionnement, l'interopérabilité et les caractéristiques opérationnelles.

lundi 9 avril 2012

François Hollande et Nicolas Sarkozy suppriment les deux débats prévus sur France télévision.

Source : RMC Infos

Comment Sarkozy et Hollande ont tué le débat TV entre candidats
Il devait y avoir, cette semaine sur France 2, deux débats télévisés regroupant chaque fois 5 candidats. Mais Nicolas Sarkozy a imposé ses règles ce week-end. Résultat: les émissions se réduiront à un enchainement d'interviews.

Ceux qui souhaitaient un grand débat télévisé regroupant les dix candidats à la présidentielle savaient déjà qu'ils n'y auraient pas droit. Mais depuis ce week-end, il est désormais acquis qu'ils n'auront droit à aucun débat du tout...
Dans la première version, les dés étaient déjà pipés
Il y a quelques jours, un accord avait été trouvé entre les prétendants à l'Elysée et France 2: l'organisation d'un débat à cinq candidats mercredi soir, et un second le lendemain avec les cinq autres candidats. Déjà dans cette première version, les dés étaient pipés: Sarkozy ne voulait pas de Le Pen sur son plateau, Hollande ne voulait pas de Mélenchon. Et pas question non plus de réunir autour de la table les deux candidats en tête des sondages. Mais ce week-end, coup de grâce !

Sarkozy menace d'annuler sa participation
L'Elysée est revenu vers France Télévision. Nicolas Sarkozy voulait tout simplement annuler sa participation. Discussions, négociations... et finalement, in extremis, les émissions ont été maintenues. Mais avec des règles imposées par le chef de l'Etat: 20 minutes par candidat, seul face à 3 journalistes. Pas avec ses concurrents. Ils ne se croiseront même pas dans les coulisses. Pour résumer, il n'y aura pas de débat d'avant premier tour...
Pour écouter le podcast des Coulisses de la politique de Christophe Jakubyszyn, ce lundi 9 avril 2012, http://www.rmc.fr/podcast/podcast.php?id=179

dimanche 8 avril 2012

«La seule majorité stable, c'est une majorité du Centre»




«La seule majorité stable, c'est une majorité du Centre»

Pour le candidat centriste, «ce qui est frappant, c'est que les deux principaux partis sont sous pression de leurs extrêmes respectifs».

Le président du MoDem, qui est candidat à l'Élysée pour la troisième fois, assure que «cette élection n'est pas jouée». «La seule majorité stable qui tienne, c'est une majorité au centre», affirme-t-il.

LE FIGARO. - Pour la première fois depuis décembre, des sondages vous donnent sous la barre des 10% d'intentions de vote. Pensez-vous pâtir d'une forme de vote utile en faveur des deux principaux candidats?

François BAYROU. - Il est sans doute plus facile d'être le candidat d'un des deux partis dominants que le candidat du centre! Mais, la vraie question est: est-ce que la France peut s'en sortir par les politiques annoncées par François Hollande et Nicolas Sarkozy? La réponse est: en aucune manière.

La France est menacée à court terme d'une crise sans précédent. Le modèle social et de service public que nous avons construit est mis en péril par l'accumulation des déficits et de la dette. Le chômage met à mal la cohésion nationale. À tout cela, notre modèle français ne résistera pas. Si les Français ne prennent pas les décisions qui s'imposent, c'est une question de mois, peut-être de semaines. C'est donc un traumatisme profond que prépare le refus des deux candidats principaux de dire la vérité sur les défis qui sont devant nous.

Sarkozy affirme que la crise financière est derrière nous! C'est gros comme l'Arc de triomphe. Quant à Hollande, il n'hésite pas à annoncer des dizaines de milliards de dépenses supplémentaires dont la France n'a pas le premier centime! À force de fuir la réalité, on accroît les risques. L'Espagne met sous nos yeux, en temps réel, et d'heure en heure, le risque qui peut demain atteindre notre pays.

C'est-à-dire que vous placez les projets du PS et de l'UMP au même niveau?

Quand dans un pays en déficit de plus de 100 milliards par an, Nicolas Sarkozy promet 10 milliards de dépenses supplémentaires par an, et, quand François Hollande monte à 30 milliards supplémentaires, c'est une surenchère irresponsable! À ce niveau d'inconséquence et de légèreté, on sacrifie l'intérêt national!

Pour moi, les questions véritables qui se posent, ce sont celles de l'emploi, de la lutte contre le surendettement, ou encore de l'éducation. Si on veut remettre la France sur les rails, cela ne pourra se faire qu'au terme d'un effort national. Et l'échéance présidentielle devrait être le moment où le peuple décide de cet effort et mobilise sa volonté. Mais le peuple ne peut faire ce choix que si le monde politique et médiatique est à la hauteur, et l'avertit de la gravité du moment.

Pour défendre le modèle social, Nicolas Sarkozy a mis en place la TVA sociale…

1,6 point de TVA, c'est marginal et ne change rien de fondamental au coût du travail. Au demeurant, pour moi, le coût du travail n'est pas la donnée principale de nos échecs en matière de production. La preuve, c'est que nos voisins, et d'abord l'Allemagne, engrangent les excédents et les succès commerciaux avec un coût du travail encore supérieur au nôtre. Le recul du «produire en France», nos difficultés commerciales proviennent bien davantage d'une absence de stratégie de filière, d'une absence de solidarité autour de nos entreprises, d'un dialogue social défaillant, d'une faiblesse de notre image de marque nationale (sauf dans le luxe), d'une défaillance de nos réseaux de distribution internationaux. C'est tout cela qu'il faut reconstruire au prix d'une politique nouvelle.

Estimez-vous toujours possible d'être présent au second tour?

Contrairement à ce qu'on nous dit, cette élection n'est pas jouée.

Si vous étiez élu à l'Élysée, quelles mesures chocs annonceriez-vous pour rassurer les marchés?

La question n'est pas de rassurer les marchés mais de rendre à la France l'équilibre de ses finances publiques et son indépendance: zéro hausse des dépenses publiques en valeur pendant deux ans pour obtenir 50 milliards d'économies et, en même temps, un rééquilibrage des recettes pour arriver à l'équilibre en 2015. Et cela, avec des hypothèses de croissance réalistes.

Contrairement à 2007, où vous aviez alerté l'opinion sur l'état des finances publiques, vos idées ne semblent cette fois-ci pas marquer l'opinion. Comment l'expliquez-vous?

Je crois le contraire. Cette semaine, une enquête d'opinion indiquait que 60% des Français considéraient que mon projet était «souhaitable pour la France». Il reste à passer du «souhaitable» au «nécessaire». Les dix jours qui restent seront donc cruciaux.

Vous dites que François Hollande va multiplier les dépenses. Craignez-vous, s'il est élu, un matraquage fiscal qui toucherait les classes moyennes comme l'affirme l'UMP?

Il est déraisonnable et voué à l'échec de prétendre rééquilibrer le budget uniquement par des impôts supplémentaires, en annonçant des dépenses supplémentaires. Le chapitre premier du rééquilibrage, ce doit être de réduire les dépenses. Je suis le seul candidat à le proposer, ce qui donne la mesure de la déconnexion de cette campagne avec le réel.

Nicolas Sarkozy a réaffirmé que s'il était élu, il n'augmenterait pas les impôts…

C'est aussi crédible que d'affirmer que la crise financière est finie! Je vous le dis avec certitude: il faudra faire des économies, et il faudra un effort supplémentaire de la part des Français. Les deux seront nécessaires pour effacer le déficit. Il faudra seulement que cet effort soit juste et que tout le monde y participe à la mesure de ses moyens: la justice est la condition de l'effort.

Que pensez-vous de la proposition de François Hollande de taxer à 75% les revenus supérieurs à un million d'euros?

75%, plus la CSG, plus le prélèvement spécial, c'est une taxation à près de 100% de ces sommes. Y ajouter un bouclier fiscal à 85% pour la totalité des revenus, autant dire qu'on affiche sur la porte de la France «interdit de réussir!». Or, notre pays a besoin de créateurs, d'entrepreneurs, qui se lancent dans l'aventure en espérant trouver la réussite et même faire fortune. La France a besoin de ce rêve-là aussi, celui des jeunes entrepreneurs, des créateurs de start-up. La France a aussi besoin d'avoir sur son sol des équipes dirigeantes de grands groupes. Tout cela est banni par une proposition démagogique, purement publicitaire, qui ne rapportera rien (tous les bénéficiaires de ces revenus ont les moyens de se faire payer à l'extérieur) mais coûtera beaucoup à notre pays.

Craignez-vous, si François Hollande était élu, qu'il se «gauchise» encore plus sous la pression des amis de Jean-Luc Mélenchon?

À gauche, on assiste à la résurgence de l'extrême gauche dont les thèses sont incompatibles, même 24 heures, avec la réalité du pays. Annoncer le smic à 1700 euros, 800.000 postes supplémentaires dans la fonction publique, remettre la retraite à 60 ans à taux plein pour tous, ou annoncer qu'on va rembourser à 100% les dépenses de santé, c'est le précipice annoncé en quelques heures seulement…

Ce qui est frappant, c'est que les deux principaux partis sont sous pression de leurs extrêmes respectifs. Cela veut dire que, quel que soit le gagnant, celui qui gagne aura une majorité instable. Cette situation sera insoutenable, même à moyen terme.

La seule majorité stable qui tienne, c'est une majorité au centre, celle que peuvent former des sociaux-démocrates, des démocrates et des républicains de progrès. Cette majorité réformiste, cette majorité centrale, c'est la seule proposition politique qui permettra d'écarter la pression des extrêmes.

Pourriez-vous interpeller François Hollande sur Jean-Luc Mélenchon?

Au début de cette campagne, François Hollande était sur une ligne modérée et équilibrée. Puis, il a basculé pendant la primaire du PS, peut-être par peur du score de Martine Aubry. Il s'est mis alors à accumuler les promesses intenables. S'y ajoute maintenant le poids de l'extrême gauche qui met la pression sur lui.

À droite comme à gauche, la démocratie est mise en danger par la démagogie. La démocratie, c'est: dire la vérité sur les problèmes du pays. Et, à partir de là, soigner et corriger les erreurs passées. La démagogie, c'est: «Pour avoir de bons sondages, il faut leur dire ce qu'ils veulent entendre…»

Pensez-vous représenter la social-démocratie?

Non. La social-démocratie a son histoire, qui n'est pas la mienne. Je suis un homme du centre, un démocrate d'idéal humaniste. Mais je crois que la social-démocratie, qui veut associer économie de liberté et redistribution, mérite d'être défendue en France, alors qu'elle a été abandonnée depuis des années. Et je crois que ces trois grandes familles, gauche réformiste, centre et droite républicaine sont compatibles et devront se rapprocher pour redresser le pays.

Que faudrait-il que Nicolas Sarkozy ou François Hollande fassent pour retrouver grâce à vos yeux?

Vous ne m'attirerez pas dans une discussion sur le second tour. Parce que cela voudrait dire que je me résous, comme tout le monde médiatique, à la bipolarisation! En fait, cette élection, si le deuxième tour se jouait entre UMP et PS, présagerait, quel que soit le vainqueur, une explosion du paysage politique français. Le camp qui perdra va exploser. Et le camp qui pourrait l'emporter, particulièrement si c'était la gauche, ne résisterait pas au choc entre ses promesses et la réalité.

Les réalités seront plus cruelles si nous les subissons, comme en Grèce ou en Espagne, que si c'est nous qui choisissons les solutions pour s'en sortir. Voilà mon engagement: on peut sauver notre modèle social, mais cela impose une politique de réformes courageuses et réalistes, et beaucoup de détermination collective.

Nicolas Sarkozy envisage une dose de proportionnelle qui concernerait 10% des sièges aux législatives. François Hollande parle de 20%. Quel est le bon niveau?

20%, c'est bien, si ces sièges servent à corriger les excès du scrutin majoritaire.

Concrètement, si vous n'êtes pas au second tour, est-il envisageable que vous donniez une consigne de vote?

Je vous le répète: vous ne m'attirerez pas dans le débat du second tour…

Que répondez-vous à ceux qui, notamment à droite, comme Jean-Pierre Raffarin ou Alain Juppé, parlent de vous pour Matignon en cas de victoire de Nicolas Sarkozy?

La même chose qu'à François Hollande qui dit aussi des choses sympathiques sur moi. Je fais la part entre deux approches: la manœuvre électorale, dont je me tiens soigneusement à l'écart. Et en même temps, l'idée qui prend corps qu'une force politique volontaire, équilibrée, qui résiste aux extrêmes est une chance pour le pays.












vendredi 30 mars 2012

Et si on parlait des pesticides que nous consommons toujours autant ?

Les Français toujours très exposés aux pesticides

A l'occasion de la semaine pour les alternatives aux pesticides, Générations Futures a réuni les 23 et 24 mars au Sénat de nombreux experts ainsi que des victimes des pesticides. La France, qui reste le premier pays utilisateur de pesticides en Europe, a peu progressé dans ses objectifs de réduction et continue à avoir recours aux dérogations, y compris pour des substances dangereuses.
Alors que l’utilisation de pesticides dans l’agriculture préoccupe de plus en plus les Français, cette question reste singulièrement absente de la campagne présidentielle. Par ailleurs, les mesures réglementaires qui ont été prises dans le cadre du Grenelle, telles que le plan Ecophyto (qui prévoit « une réduction de 50% des pesticides d’ici 2018, si possible »), manquent de suivi politique pour atteindre l’objectif annoncé. Enfin, au niveau européen, « le système de dérogation permettant de continuer à utiliser les pesticides interdits est abusivement utilisé par les autorités françaises », explique François Veillerette, président de Générations Futures. C’est dans ce contexte que s’est tenu le « Congrès pesticides et santé » les 23 et 24 mars dernier, réunissant au Sénat des scientifiques, des associations de victimes des pesticides, des avocats, ainsi qu’un sénateur membre de la mission Pesticides du Parlement. Le sujet, bien que peu présent dans les programmes de la plupart des candidats à la présidentielle, fait pourtant l’objet d’actualités récentes et significatives. Ainsi l’agriculteur Paul François, qui a récemment gagné son procès contre Monsanto. La firme a été condamnée le 13 février à Lyon pour « intoxication » de ce céréalier charentais qui a subi de graves troubles neurologiques après avoir inhalé en 2004 du Lasso, pesticide aujourd'hui interdit. Un second procès vient d’être engagé contre Monsanto par Jean-Marie Desdions, céréalier dans le Cher, pour le même motif. Il est aujourd’hui atteint d’un cancer des os et le même principe actif, le monochlorobenzène, a été trouvé dans son organisme.

Plaintes de salariés de l’agroalimentaire

Sur le front judiciaire, les procédures n’émanent pas que des agriculteurs. Des employés d’,Eolys, une entreprise agroalimentaire bretonne rachetée aujourd’hui par une importante coopérative du secteur, Triskalia, ont également obtenu gain de cause sur un aspect majeur : la reconnaissance en accident du travail de leur intoxication aux pesticides ( voir article lié). Bien que leur métier ne les prédispose pas au contact avec ces produits, le fait de travailler à proximité de céréales déjà traitées les a exposés à des pesticides utilisés pour la conservation et stockés dans des silos ou des hangars, puis transportés dans des camions. Leur intoxication est due notamment à un pesticide pourtant interdit depuis 2006 le NUVAN TOTAL, mais auquel ils ont été exposés en 2009 et en 2010. Licenciés en outre pour « inaptitude professionnelle » suite aux maladies qu’ils ont développées, les employés attendent désormais la décision du Tribunal des prud’hommes, ainsi que les suites de la plainte qu’ils ont portée au pénal.

Maladies toujours absentes du tableau des maladies professionnelles agricoles

Si ces décisions témoignent d’une reconnaissance officielle de la toxicité des pesticides, il est encore difficile en revanche pour les agriculteurs de faire reconnaitre leur intoxication auprès du régime de la sécurité sociale agricole. Seul l’arsenic et ses composés minéraux sont associés à des cas de maladies professionnelles dans le tableau des maladies du régime agricole. Car la définition actuelle de ces maladies, qui repose sur la notion de certitude absolue des effets, n’est pas adaptée aux cas des pesticides. L’intoxication est en effet liée à la durée et une exposition à une faible dose n’est pas n’est pas forcément moins dangereuse et par ailleurs, l’effet cocktail des pesticides n’est toujours pas pris en compte. Autant de difficultés qui viennent s’ajouter à la reconnaissance des pesticides comme maladie professionnelle, dans un secteur où les victimes qui font reconnaitre leur situation et déclenchent des poursuites constituent une petite minorité.

Difficile combat des riverains

Autre combat en cours, celui des riverains de l’agriculture intensive. Fabrice Micouraud, issu du monde agricole, est en charge du dossier « Particuliers victimes des pesticides » au sein de Générations Futures. Cet habitant du Limousin a été confronté à l’usage abusif de pesticides dans l’arboriculture et demande, pour éviter les intoxications passives, la création d’une zone tampon de 100 mètres entre les lieux de pulvérisations et les habitations (mesure qui a d’ailleurs été prise en Argentine). Lorsqu’il a porté plainte en 2005, le Procureur a décidé d’engager des poursuites, mais il a finalement relaxé les arboriculteurs au bénéfice du doute. Pour maître Stéphane Cottineau, avocat au barreau de Nantes, si la France est dotée d’un cadre législatif à exploiter – celui relatif au « trouble du voisinage », combiné aux principes énoncés dans la Charte de l’environnement-, il rappelle que les « personnes qui sont victimes d'une contamination accidentelle pourront obtenir réparation si elles démontrent trois éléments : une faute ou un défaut du produit, un préjudice et un lien de causalité entre la faute ou le défaut et le préjudice ». Une démonstration qui reste donc complexe à réaliser.

Au-delà des procédures judiciaires, la question des pesticides est avant tout celle de leur réduction et des alternatives. C’est sur cet aspect que se concentrent les « doléances » de Générations futures, rappelées lors du colloque. Faire déjà appliquer la réglementation Ecophyto et cesser les recours aux dérogations, trop souvent utilisées pour écouler les stocks de produits interdits. De même, l’épandage aérien, censé être interdit depuis la loi Grenelle, bénéficie de ces « souplesses », comme l’a souligné un article du Monde du 23 mars. Le quotidien a révélé qu’une circulaire du ministère de l'agriculture, publiée le 5 mars, « introduit de nombreuses exceptions ». Les dérogations concernenent « toute une série de fongicides, herbicides, insecticides destinés à traiter le maïs, le riz, la vigne et les bananiers », dont « six sont classés officiellement "dangereux pour l'environnement" et "nocif" sur le plan toxicologique ».

Générations Futures rappelle à cet égard que les autorisations relatives aux pesticides relèvent exclusivement du ministère de l’agriculture et demande que l’avis des ministères de l’écologie et de la santé soit également pris en compte. L’ONG demande par ailleurs des critères plus stricts pour leur homologation, le soutien et l’autorisation des alternatives aux pesticides ainsi qu’un étiquetage informant les consommateurs. Quant au Professeur Charles Sultan, Professeur spécialiste en endocrinologie pédiatrique au CHU de Montpellier, et qui fut en 2000 l’un des premiers lanceurs d’alerte en France sur les conséquences médicale de l’exposition aux pesticides, il se prononce aujourd’hui pour leur suppression totale. « A l’époque, lorsque j’ai fait le lien entre ces molécules et malformation génitales des enfants d’agriculteurs, je demandais l’application du principe de précaution. Aujourd’hui, au vu de nombreuses études qui révèlent des troubles psychomoteurs, des phénomènes de puberté et précoces et des effets sur plusieurs générations, je demande leur interdiction », a-t-il conclu

jeudi 29 mars 2012

Le paradoxe Bayrou par Alain Duhamel

Bayrou à la recherche d'un second souffle
Par Alain Duhamel

La chronique du 27 mars 2012

Malgré son grand meeting du Zénith à Paris dimanche dernier, François Bayrou semble avoir du mal à trouver son second souffle. Vous avez une explication ?

François Bayrou, c'est un paradoxe vivant. Dans les sondages, il est aujourd'hui l'homme politique que les Français trouvent le plus sympathique et auquel ils reconnaissent le plus de stature. On sait bien que s'agissant de François Hollande, ils lui reconnaissent, ils lui accordent plus de sympathie que de stature. Que s'agissant de Nicolas Sarkozy, plus de stature que de sympathie. François Bayrou, lui, il a les deux. Donc, théoriquement, c'est une position qui devrait être privilégiée.

L'ennui, c'est qu'elle ne se traduit pas du tout dans les intentions de vote et qu'aujourd'hui, il a l'air d'être encalminé autour de quelque chose comme 12%. La réalité, c'est qu'il a commis une erreur de stratégie et qu'il propose à la fois une volonté de rassemblement et d'unité mais qu'il se refuse à avoir des alliés et qu'il tire de façon symétrique aussi bien sur la gauche que sur la droite . Donc, il fait un rassemblement autour de lui. C'est ce qu'on appelle un rassemblement solitaire.

12% d'intentions de vote, dites-vous. La dernière enquête Ipsos le place donc en cinquième position avec 11,5% au premier tour. C'est très loin évidemment de ses ambitions. On est à 28 jours du scrutin. Il a encore une marge de progression ?

La dernière fois, il avait obtenu 18,5%, ce qui était un très beau score. Il avait terminé le troisième. Là, il faut dire les choses comme elles sont. Il avait fait un pari au départ. Ce pari, c'était celui d'un effondrement de Nicolas Sarkozy. Il pensait que Nicolas Sarkozy s'effondrerait et qu'il apparaîtrait comme le candidat de substitution et qu'il battrait au second tour François Hollande.

L'ennui, c'est qu'il y a un petit effritement régulier de François Hollande, mais que François Hollande reste très haut. Que Nicolas Sarkozy, en gros, est devenu maintenant à la hauteur de François Hollande. Quelquefois un tout petit peu derrière, quelquefois un tout petit peu devant mais, en gros, à la hauteur. En tout cas, de ce côté là, il n'y aucun effondrement. Il n'y a que quand on regarde ceux qui sont les rivaux dans les sondages de François Bayrou.

Marine Le Pen est évidemment poussée par l'affaire de Toulouse et toutes les polémiques qu'il y a autour de ça, bien entendu. Et que Jean-Luc Mélenchon est l'homme à la mode, celui dont on parle le plus et celui qui en tout cas, dans les sondages, progresse réellement. Donc, la marge de progression de François Bayrou, elle a l'air assez limitée.

Alain, sur le fond quand même, hier dans le Loiret et dimanche au Zénith, il a de nouveau insisté, François Bayrou, sur le produire et consommer français. Ce n'est pas un peu court ça comme programme ?

Oui, mais ce n'est pas son programme. C'était plutôt son slogan ou c'était plutôt la façon qu'il avait choisie de vouloir marquer la campagne, même si c'était assez réducteur et si c'est évidemment beaucoup plus facile à dire qu'à faire. Mais évidemment, il a d'autres idées. Il veut moraliser la vie politique, il veut réduire les déficits et combattre la dette. Il veut faire une réforme fiscale. Il a des idées en matière d'éducation. Il y a même une atténuation de ses positions et en ce moment il parle aussi de République solidaire, pour être un peu plus social. Mais c'est vrai qu'il est plus à l'aise dans les principes et les valeurs que dans les mesures pratiques.

Tiens, Alain, j'ai vu ce matin dans "Le Figaro" que Valérie Pécresse, la porte-parole du gouvernement, n'excluait pas l'hypothèse Bayrou à Matignon en cas de victoire de Nicolas Sarkozy.

En cas de victoire de Nicolas Sarkozy, moi je parierais plutôt sur Alain Juppé que sur François Bayrou. Mais ce qui est vrai, c'est que si François Bayrou a peu d'espérance de se qualifier lui-même au second tour, en réalité, il jouera un rôle très important pour le second tour parce qu'il aura le choix entre trois solutions : ou bien refuser de choisir entre les deux mais après il n'existera plus, ou bien choisir l'alliance avec François Hollande, mais François Hollande s'intéresse plutôt à Jean-Luc Mélenchon pour l'instant ; ou bien soutenir Nicolas Sarkozy, ce qui ne va pas de soi quand on l'avait traité d"'enfant barbare". Alors, il faudra expliquer comme l'enfant barbare est devenu par exemple un adulte civilisé.