vendredi 26 mars 2010

Hervé MORIN et Jean ARTHUIS préparent l'avenir du Centre...

Source : Le Figaro



Le Nouveau Centre et l'Alliance centriste préparent un congrès refondateur en juin.

Conséquence de la défaite de la majorité aux régionales, les centristes alliés à l'UMP ont décidé de s'unir pour peser davantage. C'est le souhait d'Hervé Morin et de Jean Arthuis, présidents du Nouveau Centre et de la petite Alliance centriste, qui ont annoncé ce jeudi le lancement d'un «collectif» préfigurant une nouvelle structure.



L'objectif est le «rassemblement de tous les centristes» au sein d'une «nouvelle formation politique dans la perspective des élections présidentielle et législatives de 2012», a expliqué Morin. «Tous ceux qui sont centristes ont naturellement leur place dans la famille que nous voulons refonder», a assuré Jean Arthuis, qui n'exclut ainsi pas de voir François Bayrou et son MoDem, laminés aux régionales, revenir au bercail. Sans attendre une hypothétique réponse de l'ancien candidat à l'Élysée, Morin et Arthuis ont prévu de tenir un «congrès refondateur» en juin. Pour le préparer, le Nouveau Centre réunira un conseil national le 10 avril.



«Les régionales vont démontrer que l'union ne suffit pas pour gagner», prédisait Morin avant le premier tour. Le résultat de dimanche lui a donné raison. Pas tant pour sa famille - qui s'en tire plutôt bien avec 69 conseillers régionaux, alors qu'il y avait 124 sortants UDF - que pour l'ensemble de la majorité.



Nicolas Sarkozy avait imposé l'union au motif que «deux plus deux, ça ne fait pas forcément quatre». Les centristes veulent le convaincre que «deux plus deux, ça peut faire cinq», formule Jean-Christophe Lagarde, président exécutif du Nouveau Centre. «Le problème, ajoute-t-il, c'est que Nicolas Sarkozy ne croit pas à l'existence d'un électorat centriste. Il pense que ce sont des électeurs qui se baladent tantôt à droite, tantôt à gauche.» Pour les héritiers revendiqués de Jean Lecanuet, au contraire, il y a un «vote centriste», et il est de droite… pourvu qu'on lui donne les moyens de s'exprimer.



«Un point de vue singulier»



Jean-Louis Borloo, le président du Parti radical, ancienne composante de l'UDF aujourd'hui associée à l'UMP, ne le conçoit pas autrement. «D'une manière ou d'une autre, il faut regrouper ces centristes, ces sociodémocrates et les écologistes évidemment, a-t-il expliqué ce jeudi sur Europe 1. Il faut qu'il y ait un projet de société partagé, une vision commune, ou même une organisation peut-être.» «S'il n'y a pas de candidat centriste au premier tour de la présidentielle en 2012, il n'y aura pas de victoire de la droite», va jusqu'à affirmer Jean-Christophe Lagarde.


La première étape, c'est de mettre fin à l'éparpillement des transfuges de l'UDF. Un groupe de travail va étudier «les conditions politiques et juridiques de ce rapprochement». La création de groupes autonomes est envisagée dans les régions où les centristes atteignent le seuil réglementaire de cinq élus (Ile-de-France, Centre, Nord-Pas-de-Calais, Pays de la Loire).



Mais les structures ne sont pas tout : il faut aussi un message concerté, qui distingue les centristes du reste de la majorité. Quitte à fâcher l'Élysée. «À l'UMP, ils n'arrêtent pas de se plaindre qu'on n'existe pas assez, mais à chaque fois qu'on exprime un point de vue singulier, on se fait taper», se plaint Lagarde. Le député rappelle que, contrairement à Jacques Chirac et à Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, lui, n'a «jamais voulu d'un parti unique» :«Il a fini par s'y rallier en rajoutant sa touche personnelle, la théorie selon laquelle virer en tête au premier tour créerait une dynamique suffisante pour l'emporter au deuxième».«Puisque c'est un échec», Lagarde espère aujourd'hui que Sarkozy en tire les conséquences et laisse les centristes «respirer».






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